Chapitre 15 [Fr]

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Chapitre 15 [Fr]

Message par Admin le Lun 15 Juin 2009 - 8:49

C’est 6 heures du matin, le réveille sonne. Sabine s’accorde encore quelques minutes avant de se lever et pense que Mario est bien attentionné de ne pas la réveiller en partant pour déjeuner vu qu’elle dort dans sa cuisine.

Mario n’a pas trouvé d’autre travail que celui à la station service. Il est bien triste car maintenant qu’il aurait l’occasion d’aller écouter des super groupes de musique, il est tellement fatigué le soir qu’il n’a qu’une envie c’est de dormir. De plus sa guitare traîne dans un coin de son appartement, inutilisée.

Sabine a mis une annonce en cachette dans une revue « Jeune guitariste cherche un groupe pour jouer ». Elle a voulu rajouter jeune guitariste de DDR, mais son amie Maria lui a dit que ce n’était pas une bonne idée, prétendant que les goûts musicaux des allemands de l’est n’étaient pas branchés (étaient d’avant-hier).

Cet incident a été la première dispute entre les deux amies, Sabine rétorquant qu’elle au moins avait qui étaient Goethe et Bismark, alors que pour elle, ils étaient des inconnus.

Le jour d’après, Maria apporta un livre de Goethe en grec à Sabine et Sabine amena une K7 de rock allemand à Maria. Elles en rirent beaucoup.

Personne ne répondit à l’annonce qui était à l’adresse de Maria, afin que Mario n’en sache rien car il se sous-estimait, pensant que les allemands de l’ouest étaient trop parfaits, aussi s’agissant de la musique et qu’il ne pourrait jamais se joindre à un groupe.

Sabine partit au travail. Quand elle fut installée dans le métro, elle se fit la réflexion qu’elle était déjà bien habituée à travailler toute la journée, mais qu’elle ne ferait pas cela éternellement. Elle gagnait relativement bien sa vie, mais le travail en équipe la fatiguait énormément. Elle avait mal au dos bien qu’une de ses collègues lui avait expliqué comment se tenir pour éviter des tensions, notamment dans le dos.

Une vieille dame est décédée dans la maison de soins. Sabine a été très ébranlée par cette mort et son supérieur hiérarchique lui a dit de rentrer chez elle se reposer, car c’était pas facile pour elle de se retrouver ici pour une si jeune fille qui sortait tout droit de l’école.

Sabine est contente, ses collègues sont désormais plus amicales avec elle, car elles ont remarqué qu’elle ne se laissait pas impressionner par le travail « bien qu’elle ait sa maturité » en poche.

Sabine trouve étrange comme ici tout joue un rôle. Elle se dit qu’elle ferait peut-être bien de continuer ses études et perfectionner son russe au vu de la popularité grandissante de Gorbatchev.

Dans le métro, Sabine remarque une jeune femme très à la mode, coiffée d’un turban avec des lettres russes et le marteau et la faucille. Des étoiles rouges sont bien apparentes sur ses chaussures.

Sabine se fait la réflexion que chez elle, en DDR, personne n’oserait se faire remarquer de la sorte.

Maria lui demande comment elle s’était imaginé l’Allemagne de l’ouest. Pas si bruyant, pas si coloré, avait-elle répondu. Elle avait pensé que l’Allemagne de l’ouest ressemblait à Budapest, à la Hongrie. Beaucoup de cafés, des cinémas, des magasins, et partout des magasins de fruits.

La Hongrie était en fait l’avant paradis et Budapest une bonne plaisanterie par rapport à Hambourg.

Qu’au début, elle n’osait rien acheter et que même maintenant, quand elle va chez le boucher, elle ne sait pas quelle sorte de saucisses elle doit prendre. Il en va de même pour le fromage.

Maria avait bien rit de son récit et lui avait dit qu’au début, il en avait été de même pour elle.

Sabine aimerait tellement être comme Maria, si indépendante et sure d’elle. Elle se dit que pour sa part, elle a été si protégée. L’école, le mouvement de la jeunesse, tout était fait ensemble. On ne devait rien décider, tout était décidé pour eux …

Après le travail, Sabine va en ville. Elle va dans une grande surface et achète des yogourts, des fruits dont elle ne connaissait même pas l’existence et du vernis à ongle.

Elle s’achète aussi des revues sur la musique.

En passant, elle s’amuse aussi à regarder toutes les différentes sortes de papier de toilettes, pensant au papier de toilettes qu’elle avait en DDR.

Elle se rend à la caisse et constate qu’il y a une grande queue. Elle se fait la réflexion qu’il pourrait peut-être ouvrir des autres caisses, qu’elle n’a pas à gaspiller son temps ainsi à faire la queue et que du fait qu’elle était en Allemagne de l’ouest, elle ne devrait au moins par faire la queue.

Son regard se pose sur un magazine qui annonce que bientôt tous les citoyens de la DDR pourront voyager librement … foutaise pense-t-elle …

A peine est-elle de retour chez elle que le téléphone sonne. C’est Ulrike, une amie de Leipzig qui a aussi fui de la DDR. Elle lui donne des conseils et lui dit qu’elle va lui envoyer un peu d’argent pour l’aider.

Elle se pose sur le canapé et lit les revues qu’elle vient d’acheter. Elle se dit qu’elle doit encore écrire à Thomas, mais elle est épuisée et s’endort.

Elle se réveille bien plus tard, ne sachant plus où elle est. Elle reprend vite ses esprits et pense à toutes les images qu’elle a vues dernièrement à la télévision, notamment celles de manifestants qui crient leur soif de voyager librement, ce qui, encore quelques semaines auparavant était strictement interdit. Bien d’autres images se bousculent encore dans sa tête … elle n’en peut plus et se cache les yeux avec ses deux mains.

Elle est prise de panique. Elle n’entend aucun bruit et à nouveau des images défilent dans sa tête, de sa mère, de son père.

Elle se dit qu’elle devrait prendre des nouvelles de son père qui est très déprimé, mais c’est trop tard, elle téléphonera demain.

Sabine continue à broyer du noir, a-t-elle fui son pays pour se retrouver toute seule à marcher en rond dans cet appartement ?

Le téléphone sonne mais elle ne répond pas. Elle va fermer la porte de chez elle et ne sachant que faire, elle allume son poste de télévision et apprend en écoutant les nouvelles que la DDR a ouvert ses frontières, que les personnes qui veulent un visa pour un voyage peuvent l’obtenir sans autre. Que des milliers d’allemands de l’est affluent pour visiter l’ouest de la ville. Qu’ils sont accueillis avec enthousiasme. Que le mur est escalé de toutes parts et que les passants traversent la porte de Brandenbourg qui n’avait plus été ouverte depuis 1961.

Sabine n’en croit pas ses yeux. Ce sera ainsi pour toujours se demande-t-elle ?

Les gens dansent, s’embrassent. Le monde est tombé sur la tête.

Sabine se dit que le moment décisif de sa vie elle ne l’a vécu qu’au travers de son poste de télévision et elle est triste.

Elle pense que tout à l’heure, c’était soit son frère, soit sa mère qui l’avait appelée pour lui annoncer la bonne nouvelle, et comme une idiote elle n’avait pas répondu. Elle pense à Thomas et espère très fort qu’il vienne vite la rejoindre avec sa sœur, Renate et Karine. Elle est très nostalgique et pense aussi à son père afin qu’enfin tous soient à nouveau réuni.

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Re: Chapitre 15 [Fr]

Message par chaa* le Mer 5 Mai 2010 - 2:47

Je trouve que ce chapitre est très bien expliqué ! Je n'avais pas bien saisis en le lisant en allemand ! Merci

chaa*

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